Catherine nous a rejoint le 19 septembre, et l'équipage se monte maintenant à 3 personnes. Pour le départ de la traversée vers l'archipel de Madère (445 milles jusqu'à l'île la plus proche, Porto Santo), je prévois le départ le 22 septembre. Vent attendus jusqu'à un peu plus de 25 noeuds, houle maximale annoncée 3,4 m.
Gros roulis, puis petit paradis
22 septembre : après appel sur la VHF, la passerelle barrant la sortie du port s'ouvre devant nous , et nous prenons le chenal de sortie vers 09h30. Nous avons 3 heures de navigation en eaux calmes, et à l'abri du vent, jusqu'à doubler le cap Sao Vicente.
Vers 12h30, nous atteignons le flux de nord, force 5 à 6, qui balaie toute la côte portugaise, et nous partons grand largue, sous génois réduit.
Tout de suite, nous nous trouvons dans la forte houle annoncée, très latérale, et le roulis devient inconfortable, et bien sûr incommodant pour Catherine, qui n'est pas amarinée du tout.
Traversée des rails de cargo.
Mêmes conditions de navigation la soirée, la nuit, et le lendemain, le vent et la houle faiblissant tout de même légèrement. Le surlendemain, 24 septembre, le vent finit par baisser nettement en fin d'après-midi, et nous passons au moteur.
Dernière nuit tranquille et confortable.
25 septembre : arrivée à Porto Santo, superbement sauvage, vers 13h, et mouillage dans le port. La rade est paisible et reposante.Belle balade l'après-midi, en suivant la magnifique plage, jusqu'à la petite capitale, Vila Balaira.


Au "Domaine des Dieux"
26 septembre : étape au moteur jusqu'à l'île de Madère.
La marina de la capitale Funchal est depuis longtemps saturée par des bateaux locaux, et il ne faut pas songer y séjourner.
Nous avons donc choisi la marina "Quinta do Lorde", tout à l'est de l'île, dans laquelle nous nous amarrons vers 13h30.
Le cadre est superbe, sous les rouges falaises volcaniques, et bien que la marina et le petit village qui la surplombe aient été créés ex-nihilo, l'endroit ne marque pas de charme.
L'accueil est parfait, les prix dégressifs, et finalement modérés, pour les 5 jours que nous passerons ici. La manager de la Capitainerie a même fait le nécessaire pour nous réserver une voiture de location.
Grâce à ce véhicule, nous pourrons visiter l'île, et faire les transferts d'aéroport (arrivée de Loïc, et départ d'Evelyne).
Nous avons quelques jours pour parcourir les routes (et les nombreux viaducs et tunnels!) de l'île, et nous sommes impatients, bien sûr, de partir à la découverte des fameuses "levadas"!

Traversée, et Porto Santo
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Vidéo-Dauphins de conserve
Vidéo-Dans la houle
Vidéo-Cétacés
Madère : marina Quinta do Lorde, et tour de l'île
Madère : Funchal, et levadas
Les Iles Fortunées décrites par Plutarque et Hérodote sont classiquement identifiées aux Canaries, qui ont effectivement la chance de bénéficier d'un climat doux et agréable tout au long de l'année.
La plus septentrionale, et aussi la plus petite, de ces îles est La Graciosa. Ce sera notre prochaine destination, à 270 milles environ de Madère, c'est-à-dire 2 jours de navigation.
Un nouvel équipier, et des pilotes
J'ai reconduit Evelyne à l'aéroport, non sans l'avoir remerciée pour son assistance précieuse pendant toute cette première partie de croisière! Et nous avons embarqué Loïc, équipier tout aussi valeureux!
01 octobre : 11h . Nous quittons la marina Quinta do Lorde, et mettons cap au sud, par vent de nord-est, force 4 en moyenne, et temps couvert. Sous grand-voile et génois, alors que nous longeons les Ilhas Desertas, nous apercevons non loin un groupe de baleines-pilotes.
Pendant ces premières 24h, nous pouvons naviguer à bonne vitesse, au grand largue.
Pour la deuxième partie de la route, le vent tombe malheureusement, et même le gennaker n'est plus suffisant. Nous poursuivons donc au moteur.
Le 03 octobre, tôt le matin, nous doublons les ilots d'Alegranza et de Montana Clara, puis la pointe sud-ouest de La Graciosa.
Nous découvrons alors le superbe mouillage de Cala Francese, où nous jetons l'ancre à 10 h . (carte)

Traversée, et arrivée à La Graciosa
Après débarquement à La Graciosa, je pars vers le sommet de l'île, pendant que Loïc et Catherine se dirigent vers la petite ville, où je les rejoins bientôt. Après repos, et petit repas, retour au mouillage en véhicule tout-terrain.
04 octobre : 09h15 : nous quittons le mouillage de Cala Francese, pour prendre le chenal qui sépare La Graciosa de Lanzarote, puis descendre le long de la côte sud-est de cette île, poussés par un bon vent portant. Le rivage qui défile est aride, ourlé par endroits de villages blancs.
Des ports et des mouillages
Nous dépassons la capitale Arrecife, qui n'a pas pu nous accueillir, faute de place, et nous nous amarrons finalement 10 milles plus loin, à la marina de Puerto Calero, vers 16 h.(carte)
Nous séjournerons là pendant 4 nuits, le temps de visiter Lanzarote, extraordinaire par la variété de ses points d'intérêts.
Le 08 octobre, nous descendons à la pointe sud de l'île, pour un beau mouillage, devant la Playa del Pozo, où nous passons une nuit.
09 octobre : 08h 00 : départ matinal, car je veux arriver tôt à Puerto del Rosario, port principal de l'île de Fuerteventura. Ce port ne prend pas de réservation pour les bateaux de passage.
Belle navigation au portant, sous génois seul.
A 12h 20, nous nous amarrons sans aide, à la première place libre en bout de ponton. Le port est essentiellement un port de commerce et de pêche, avec quelques pontons pour les plaisanciers locaux.
Quant à la ville, elle est agréablement banale et non touristique...
Le restaurant Los Paraguitas accueille une clientèle canarienne, et nous sommes les seuls étrangers. Au menu, ragoût de chèvre, délicieux et très goûteux, accompagné d'un vin de Ténérife.
10 octobre : grande étape, pour atteindre un mouillage tout au sud de l'île, devant le village de Morro Jable.(carte)






Lanzarote
C'est le volcanisme omniprésent, les techniques agricoles ancestrales, les vieilles villes "coloniales", l'empreinte artistique de Cesar Manrique...
Puerto del Rosario,
sur l'île de Fuerteventura
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Vidéo-En route vers les Canaries
Vidéo-Au mouillage à Playa del Pozo
Vidéo-Descente vers Morro Jable




11 octobre : nous quittons tôt le mouillage, doublons la Pointe Jandia, pour traverser vers Gran Canaria. Vent de travers force 4 à 5, traversée rapide et confortable sous voilure réduite.
La marina de Las Palmas va être encombrée par tous les voiliers participant au rallye transatlantique de l'ARC, et il me faut négocier pour pouvoir être admis pour une durée de 4 jours. Nous sommes finalement amarrés à notre poste vers 18h30.
Nous consacrons le lendemain dimanche à une première visite de la ville, la plus grande des Canaries, avec près de 400 000 habitants, qui présente de nombreux quartiers très divers, et un centre historique à l'architecture canarienne typique.
Dès le lundi, nous entamons la découverte de l'île en voiture, et en profitons pour accompagner Loïc jusqu'au ferry qui doit l'emmener jusqu'à Ténérife, pour prendre son vol retour.
Tahenkat soigne son alimentation et retrouve des cousins
J'ai d'autre part contacté un mécanicien VOLVO qui vient réviser notre moteur, qui connaissait quelques difficultés au démarrage. Contrôle, nettoyage de l'alimentation en carburant, remplacement du préfiltre gasoil et de la pompe de relevage. Tout semble fonctionner parfaitement maintenant.
En prétextant cette intervention mécanique, j'ai pu négocier une cinquième nuit d'amarrage, mais après cela, il nous faudra nous déplacer au mouillage du port, juste au nord de la marina.
Nous passerons là 3 nuits, dans l'attente d'une météo favorable pour la suite de notre navigation.
C'est l'occasion pour d'autres visites de l'île, et de Las Palmas, où je tiens à voir le Museo Canario, qui présente l'essentiel de ce que l'on sait sur les Guanches, peuple autochtone berbère: cela me parait la moindre des choses pour nous qui naviguons sur un bateau arborant un nom et un drapeau berbères!

Las Palmas, aperçu du centre historique
Incursion dans le nord de l'île
Randonnée au Roque Nublo (1814m)
Ce sommet remarquable était vénéré par
les peuples autochtones, avant l'arrivée des Espagnols
Incursion dans le sud de l'île
Des villages-oasis, et la zone naturelle des dunes de Maspalones, encerclées par une immense station balnéaire
Casa Colon, et aquarium Poema del Mar, à Las Palmas
Museo Canario
Musée dédié à la civilisation des Guanches, peuple aborigène qui vivait sur ces îles avant l'arrivée des Espagnols.
Leur origine est africaine, et berbère, ce qui peut se vérifier par les patronymes et toponymes. Ils vivaient de chasse, de pêche, d'élevage, maitrisaient les techniques de tissage, de vannerie, de tannage des peaux, et de poterie, et pratiquaient des rites funéraires complexes. Ils ont été bien sûr exterminés par les conquérants, ou réduits en esclavage en grand nombre.
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Route de montagne, à Gran Canaria
Caméléon
Aquarium, Poema del Mar
Contraintes de navigation
Pas de place pour nous au port de Santa Cruz, capitale de l'île de Ténérife, ni aux marinas voisine. La seule qui nous accepte, suite à une réservation via l'appli Navily, est celle de Las Galletas, tout au sud de l'île.(carte)
Un peu loin pour envisager une navigation à la journée... Aussi, nous avons décidé de couper le parcours en 2 étapes : une première nuit au mouillage d'Antequera, tout au nord de Ténérife, avant de descendre le lendemain jusqu'à Las Galletas.
C'est ce qui a motivé nos 3 jours supplémentaires à Las Palmas, car il nous fallait attendre l'inversion d'un flux de sud, à la fois pour avoir un bon abri au mouillage, et ensuite pour une descente aisée vers le sud.
19 octobre : le vent de secteur nord étant maintenant établi dans les parages de Ténérife, nous quittons Las Palmas, tôt le matin. Après avoir traversé une grande zone de calmes, nous atteignons enfin le flux de nord-est, qui nous emmène à bonne vitesse, vent de travers, jusqu'à notre destination.
Mouillage à 17h devant la plage d'Antequera, enserrée sous de hautes falaises. Nous sommes comme prévu parfaitement à l'abri de la houle, et aussi du vent, de nord-ouest ici.
Des poissons ou des oiseaux
20 octobre : grande étape le long de la côte de Ténérife, surmontée du cône régulier du Téide, qui nous toise du haut de ses 3700 m ! Nous savons déjà bien sûr que nous ne pourrons pas nous empécher d'aller crapahuter là-haut, de coulées de lave en cratères!...
Nous dérangeons de nombreux bancs de poissons-volants, provoquant des envols simultanés spectaculaires, et admirant les vols parfois très prolongés, et toujours synchronisés, à la limite d'un phénomène de murmuration!
Amarrage vers 16h à Las Galletas, où la marina cohabite avec un petit port de pêche, ce qui nous fournira l'occasion d'acheter sur le quai des "vieja" ("vieux", ou poisson-perroquet, d'un beau rouge pour les femelles. Nous avions déjà eu l'occasion de goûter à ces excellents poissons à Milos, en Grèce).
La petite ville qui jouxte le port résulte d'un projet ancien de station balnéaire, qui n'a pas été poussé à son plein développement. Cela lui donne un aspect à la fois désuet et moderne (le moderne des années 70) qui ne manque finalement pas de charme.
Nous trouvons là tout le nécessaire, y compris un loueur de voiture. La gérante communique par Google Traduction, mais tout se passe très bien, et le véhicule nous permettra d'accèder au Parc National du Téide, qui est relativement proche.



Ténérife
Des petites villes du sud, à l'ancienne capitale, La Laguna. Dans celle-ci, l'architecture canarienne est largement préservée : balcons, patios, cours intéreures abondent dans les maisons bordant les vieilles rues pavées.
Le massif du Téide est maintenant un Parc National très vaste, qui s'étend sur toute la Caldeira (15 km de diamètre), couvert de cratères et de coulées de lave.
La dernière éruption remonte à 1798, mais les coulées sont restées presque inchangées depuis 2 siècles, les conditions climatiques extrèmes freinant beaucoup le développement de la végétation. Nos projets de randonnée ont été modifiés le premier jour, une battue aux mouflons interdisant une grande partie du massif.
Vidéo-Poissons-volants
Du 24 octobre au 04 novembre : navigations par vents modérés ou faibles, si bien que nous alternons voile et moteur.
Derniers jours dans l'archipel
C'est d'abord une escale au port de San Sebastian de La Gomera, où nous séjournons plusieurs jours, pour visiter l'île et profiter de ses multiples possibilités de randonnées.
Puis l'étape suivante nous mène à Santa Cruz de La Palma. Là, la marina présente la particularité d'être fermée par une porte anti-ressac, dont il faut solliciter l'ouverture à l'arrivée, et au départ, par VHF.
Nouvelle île, nouvelles visites, variées et très interessantes, qui nous retiennent plusieurs jours.
Il nous faut maintenant songer à la suite de notre voyage, et à notre départ de l'archipel, qui se fera en 2 temps :
une étape d'une nuit au mouillage de Valle Gran Rey, sur l'île de la Gomera à nouveau.
Puis une dernière étape nous amène pour une nuit au Port de La Estaca, sur l'île de Hierro, d'où nous partirons vers le sud.

Ile de La Gomera
Ile de La Palma