
12 août : après un peu plus de 4 heures de navigation, nous nous amarrons au quai de la Douane à Bar. Les formalités sont vite réglées, au bureau de la Police des Frontière, et auprès du Harbourmaster, pour le paiement (80€ environ) de la vignette pour un séjour de moins d'un mois.
Tahenkat peut rejoindre ensuite la marina voisine. Prise de contact et visite de la ville.
Riviera Monténégrine
Du 13 au 15 août : mouillages d'abord dans la crique d'Uvala Pecin (déserte entre 20h et 09h, bondée le jour, quand des foules acheminées par bateaux-taxis se déversent);
puis mouillage devant l'ancien village de pêcheurs de Sveti Stepan (devenu hôtel de luxe, temporairement fermé);
enfin, nous mouillons aussi devant le port de Budva, car celui-ci semble inaccessible (carte).
L'impression qui domine pendant ces 3 jours de remontée du littoral monténégrin, c'est celle de la surexploitation touristique, et de la frénésie immobilière.

De Bar à Budva

Bouches de Kotor
Du 16 au 21 août : entrée dans les "Bouches de Kotor", et visite de ce joyau de la riviera monténégrine, par petites étapes successives.
Il s'agit d'un vaste plan d'eau intérieur, formé de 3 baies communiquant par des passes assez étroites, et enchassées dans des reliefs impressionnants. Les rives sont largement construites, mais le site est magnifique, et reste assez sauvage dans la baie la plus intérieure. En contrepartie, toute la zone est très déventée, ce qui nous obligera à recourir au moteur.
Marc et Georges
Nous mouillons d'abord à l'abri de l'île inhabitée de Sveti Marko (Saint Marc). Baignade, et repos, et le soir, une virée en annexe jusqu'à la rive opposée. Là, nous découvrons que le rivage a été entièrement privatisé par des hôtels et pensions touristiques. Pas de possibilité d'aborder, sauf au restaurant Vino Santo, où on nous tolère charitablement, le temps d'un verre...
Le lendemain, navigation vers le fond des Bouches, passage devant Perast et l'île de Saint Georges, et amarrage (gratuit) au petit port tranquille de Risan (carte). Visite de la petite ville, et dégustation d'huîtres et moules, sur le ponton du producteur.
Natalia et Joseph
Ensuite, passage obligé à Kotor, tranquille et somptueuse au petit matin, mais détestable en journée lorsqu'elle est envahie par le flot débarquant des paquebots...
Tahenkat restera là 3 nuits, et nous louons un véhicule, pour une visite à Natalia (amie de Marion) dans sa maison accrochée à flanc de montagne. Elle exerce ici comme guide, et nous conseille pour notre balade du lendemain jusqu'au Parc du Durmitor,
Dernière étape à Herceg Novi, où nous nous amarrons le 21. La vieille ville est intéressante, et une belle promenade de bord de mer nous emmène jusqu'à l'ancienne villa de Tito.



Vieille ville de Kotor
Herzeg Novi
Montagnes de Durmitor

Une belle traversée, qui se termine mal...
22 août : nous quittons Herceg Novi à 12h20, pour aller nous amarrer à Zélénika, au quai de la Douane, à moins de 2 milles. Formalités de sortie, sans problème.
A 13h20, c'est le départ pour la traversée vers l'Italie. Notre but est le port de Brindisi, à 100 milles au sud de la sortie des Bouches. Dès le début, nous pouvons établir les voiles, GV et génois au grand largue, dans un vent de nord-ouest force 3-4. Le bateau marche bien, jusqu'au crépuscule, quand nous croisons à quelques encablures un magnifique ketch, au près sur la route inverse.
Repas à la nuit tombante, établissement des quarts... Le vent baisse progressivement, et je passe au moteur à la fin de mon quart, à 1h du matin. Reprise du vent un peu plus tard, et Loïc rétablit les voiles vers 3h40.
Au lever du soleil, nous découvrons un poisson volant échoué sur le pont... Changement de pavillon de courtoisie...
Vers 8h30, toujours sous voiles, le pilote automatique nous lâche sans prévenir. Inspection sous le caillebotis du cockpit : une large flaque d'huile me fait comprendre l'origine du problème (fuite, au vérin ou sur les flexibles de raccordement...).
Il nous faut donc barrer à la main, pour une heure seulement, heureusement, car nous entrons au port vers 9h30, après une traversée en 20 heures environ, dont 16 heures à la voile...


Un peu plus tard, nous nous amarrons au pied de l'escalier monumental néo-classique, censé marquer la fin de la "Via Appia", pour les formalités d'entrée. En fin de matinée, nous sommes installés à la Marina di Brindisi.
Y a-t-il un pilote dans le bateau?
Ma priorité est bien sûr la réparation du pilote, d'autant plus que Marion et Loïc arrivent le soir même, et ne doivent nous accompagner qu'une grosse semaine.
Je prends contact avec le chantier naval voisin (Danese Cantieri). On doit me rappeler ... En fin d'après-midi, pas de nouvelles, et nous sommes vendredi soir... Le samedi, j'essaie d'appeler un autre chantier, et un réparateur : sans résultat.
Nous louons donc une voiture pour occuper notre arrêt forcé par une petite visite des Pouilles...
Enfin, le lundi, j'ai un contact avec le technicien de Danese. Il vient tôt le mardi avec son équipe. Diagnostic évident au démontage : un des flexibles a éclaté. Je lui demande de remplacer les trois flexibles, ce qui sera fait mercredi matin. Ouf!


Orages
28 août : la réparation du pilote effectuée, et payée, nous pouvons partir vers 10h, avec 3 jours de retard sur mes prévisions. Belle navigation sous voiles, et au portant. Nous évitons un orage qui se déclenche sur les terres...
Nous mouillons vers 18h45 devant Castro.
29 août : Visite de la ville de Castro, sympathique. A 12h, nous quittons le mouillage pour poursuivre notre descente vers le sud, c'est-à-dire la pointe du talon de la "botte".
Après une brève navigation sous génois, l'orage qui se profile sur notre route m'incite à affaler, et à continuer à sec de toile.
A 13h30, nous y sommes : éclairs, averses de pluie, rafales jusqu'à 30 noeuds, vagues désordonnées... Je suis contraint bientôt de virer pour repartir vers le nord, pour mieux étaler le vent et les vagues.
Au bout d'une petite heure tout se calme, et nous reprenons notre route vers Santa Maria di Leuca, où nous mouillons vers 16h15.


30 août : nous partons très tôt ce matin pour Crotone. L'étape prévue à Gallipoli est annulée, pour rattraper notre retard. Appareillage à 4h du matin, donc, pour une navigation de 70 milles, cap au sud-ouest.
Grandeur et démesure de Milon
Dès le lever du jour à 6h, nous établissons les voiles; grand largue, vent de nord force 4. La suite est sans histoire, nous pouvons rester sous voiles jusqu'à 14h. Amarrage à 16 h à Crotone.
En cette année olympique, difficile de ne pas penser ici au champion antique Milon, originaire de cette ville, lutteur aux multiples victoires à Olympie, Delphes, ou ailleurs..
Après la grandeur, la chute: trop confiant dans sa force, il serait mort les deux mains prisonnières d'un chêne, ayant malencontreusement libéré un coin après avoir voulu achever de fendre le tronc.
Légende caractéristique de l'antiquité grecque, où on déplorait régulièrement " l'hubris " (ὕϐρις) des puissants.
Certaines célébrités modernes pourraient en prendre de la graine...

31 août : nous partons aujourd'hui, vers 11h, pour une assez grande traversée (150 milles), jusqu'à Syracuse en Sicile (carte).
Le démarrage est sportif, dans un flux de nord force 6, résultant d'un orage sur les terres. Navigation sous génois.
Vers 14h, au milieu du Gofe de Squillace, le vent tombe, et passe progressivement à l'ouest. Bientôt, il forçit, et nous pouvons repartir sous voiles, jusqu'à tombée de nuit.
Nous repassons alors au moteur, pour la nuit complète.
Les quarts s'enchainent, l'équipage nombreux me permettant un quart de repos de 6h : un luxe!
Retour du vent vers 9h, ce qui nous permet de finir l'étape vers midi, heure à laquelle nous nous amarrons à Lakkios Marina.
Nous resterons 2 nuits à Syracuse, le temps de visiter cette ville superbe, de fêter un anniversaire, et de nous séparer de Marion et Loïc, qui poursuivent leur découverte de la Sicile pendant quelques jours. Le 03 Septembre, l'équipage réduit maintenant à trois personnes, nous quittons Syracuse sous un ciel couvert, pour aller mouiller à Porto Palo, à la pointe sud-est de la Sicile. Objectif suivant : l'archipel de Malte (carte)
Aperçu des Pouilles
De Crotone à Syracuse

Nouvelle réduction d'équipage
04 septembre : traversée vers l'île de Gozo, au nord de l'archipel. Flux de sud, nous naviguons au près en milieu de journée. L'après-midi, le vent tombe, mais le thermique se renforce à l'approche de la terre, et nous affrontons des rafales et une mer hachée dans la passe entre Gozo et Comino. Amarrage à 18h à M'garr Marina.
05 septembre : petit trajet jusqu'à La Valette, établie dans un site magnifique de criques profondes, que nous découvrons dans les meilleures conditions en arrivant par la mer. Installation en début d'après-midi à Msida Marina.
Tahenkat restera là 2 nuits, ce qui laisse le temps de parcourir les ruelles et les escaliers de la ville, avant le vol retour vers la France de Loïc et Catherine.
07 septembre : seul à bord, je quitte la marina pour un saut de puce jusqu'à Marsaxlokk. Mouillage dans cette belle rade portuaire, et je prévois une descente à terre, et un petit restaurant sur les quais.
Avant cela, j'ai le temps de vérifier soigneusement les prévisions météo, pour ma traversée vers la Tunisie. Je veux atterrir là-bas à Mahdia, ce qui représentera une étape de 170 milles. D'après les modèles, il faut prévoir environ 34 heures de navigation, et, je me décide donc pour un départ vers 4h du matin le lendemain.

Archipel de Malte