Les Dardanelles et la Mer de Marmara  

24 juin : une étape de presque 40 milles va nous conduire de Lesbos à Bozcaada, île turque située à proximité de l’entrée du détroit des Dardanelles.

Bozcaada était l'antique Ténédos, citée par Homère dans l'Iliade, et a gardé ce nom jusqu'en 1923, date de l'échange des territoires et populations entre Grèce et Turquie.

 

Les eaux turques

 

Le vent forcit assez tôt, heureusement pour nous, et nous pouvons effectuer le plus gros de l'étape au près, entre 5 et 6 nœuds. A 15h40, nous mouillons dans une petite crique, à l'ouest du cap Mermer.

L'eau serait belle et transparente, mais des paquets blanchâtres circulent entre deux eaux, au gré d'un faible courant : ce sont les premières manifestations de la fameuse "morve de mer"... Pas tentant de se baigner dans ces conditions...

 

Pas question non plus de débarquer sur l'île, car nous ne sommes pas encore en règle, puisque je ne prévois d'effectuer les formalités d'arrivée dans les eaux turques que demain, au port d'entrée de Çanakkale. Il vaut mieux rester à bord, en espèrant ainsi éviter tout contact aves les autorités.

La lune pleine vient de se lever quand nous rejoignons nos couchettes. La nuit sera paisible, sans intervention impromptue de garde-côte...

 

25 juin : A 8h15, nous quittons le mouillage, et mettons le cap au nord. Nous longeons la côte turque, très basse à cet endroit, juste au sud de l'entrée des Dardanelles.

A 5 kilomètres environ à l'intérieur des terres, se trouve le site archéologique auquel on a attribué le nom de "Troie", d'après l'Iliade.

Il se trouve sur une butte dominant la plaine, et il n'est pas visible du bateau, mais on peut toujours rêver aux mythes des siècles révolus...

 

La Mer de Marmara, entre les détroits: les Dardanelles au sud, et, plus étroit, le Bosphore au nord.

 

L'ensemble sépare l'Europe, au nord-ouest, de l'Asie, au sud-est. Il y a 150 milles environ entre l'entrée sud des Dardanelles et Istanbul, située sur le Bosphore.

 

Istanbul, comme du reste la Turquie, est donc à cheval sur l'Europe et l'Asie, et cette situation ne se limite pas à la seule donnée de la géographie physique.

 

 

 

 

(clic sur la carte pour l'agrandir)

Les Dardanelles

Vers 9h30, nous pénétrons dans le détroit, en restant au moteur, car la navigation à la voile y est interdite. Il présente pourtant une belle largeur, mais bien entendu, l'axe central est occupé par le rail des cargos.

Nous progressons vers le nord-est, contre le courant. Les rives sont basses et vallonnées, couvertes de cultures, et étrangement vertes, après l'aridité brûlée des îles de la Mer Egée.

 

Le détroit, passage stratégique, est bordé d'ouvrages fortifiés, plus ou moins anciens. Un immense monument célèbre la victoire turque contre les corps expéditionnaires anglais et français, en 1915, pendant la Première Guerre Mondiale. Pour la Turquie, c'est son seul succès notable durant ce conflit. Pour les Alliés, "Les Dardanelles" évoquent un souvenir cuisant...

 

Nous ne tardons pas à traverser de grandes étendues d'algues mucilagineuses, vision déprimante...

Peu après14h, nous nous amarrons à la marina de Çanakkale, suivant les indications du personnel. L'accueil est sympathique, et la marina, quoique petite, semble bien organisée.

 

Notre agent à Çanakkale

Au bureau, je présente mes documents, et annonce que je veux faire ici les formalités d'entrée en Turquie. J'accepte l'agent que l'on me propose.

Cet agent traitera à ma place tous les échanges administratifs, avec le "harbourmaster", les douanes, la police des frontières, et les autorités sanitaires.

Il arrive une demi-heure plus tard, se récrie grandement en constatant que certains équipiers sont sortis de  la marina, me précise que jusqu'à nouvel ordre, nous devons rester à bord, et me fixe ses conditions : pour payer le Permis de Transit, la taxe de tonnage, et sa commission, je dois lui donner 400 € !

Ayant emporté nos documents, il revient un peu plus tard nous indiquer que tout se passe bien , mais qu'il y a encore un doute sur les vaccins antiCOVID de Marie et Turca ! ... Finalement, vers 18h, il me rapporte le fameux "Transit Log" .

Nous pouvons entrer en règle en Turquie, et pour commencer, visiter la ville. Nous en profitons pour changer de l'argent (10 livres pour 1 €), refaire nos provisions, et prenons une journée de repos, le dimanche, qui correspond au dernier jour du couvre-feu.

Premier aperçu de Çanakkale

 

Çanakkale présente un visage moderne et actif, assez proche des villes occidentales, la tradition locale restant apparente dans les nombreuses mosquées, et les petits métiers de rue.

 

La foule est souvent dense et mélangée, et on voit dans les cafés des femmes en costume traditionnel, et masquées, attablées avec d'autres très court vêtues...

 

Le soir, malgré le couvre-feu (COVID) encore encore en vigueur, les jeunes, hommes ou femmes, se rassemblent par petits groupes sur la jetée du port de pêche, pour fumer, discuter, ou boire des bières...

 

Du côté des monuments, la ville capitalise beaucoup sur la victoire turque des Dardanelles en 1915, et aussi sur la guerre de Troie, qui semble elle aussi être mise à contribution pour célébrer la grandeur turque ! A côté de la marina, est exposé un magnifique cheval, pièce de décor utilisée pour le tournage du film "Troie".

 

Dans l'espace public, les portraits du président actuel (R. T. Erdogan), proche des islamistes, le disputent avec les statues de Mustapha Kemal Atatürk, père de la république laïque née en 1923...

Marmara sans histoire

 

27 juin : nous reprenons la mer et poursuivons notre remontée du détroit, jusqu'à Kardak, en face de la ville de Gelibolu (Gallipoli). Nous mouillons au plus près d'une petite plage (3 m de fond seulement) pour être certains de ne pas gêner les mouvements des ferry arrivant au débarcadère voisin.

 

28 juin : nous sortons aujourd'hui des Dardanelles, et poursuivons à la voile notre route vers les îles du centre de la Mer de Marmara. Le vent soufflant du Nord-Est, nous remontons au près jusqu'aux parages de Paşalimani. Nous entrons dans la rade et mouillons devant la toute petite mosquée.

Village  paisible et accueillant, que nous visiterons demain, avant de lever l'ancre.

29 et 30 juin : navigation le long de la côte sud de la Mer de Marmara, et mouillage à Tatlisu d'abord, puis Armutlu le lendemain. Le 01 Juillet, nous arrivons à la marina de Yalova (moderne et bien équipée), où Tahenkat restera plusieurs jours.

Nous en profiterons pour partir en voiture vers la Cappadoce.

 

Dardanelles

 

Mer de Marmara

 

Au bazar de Yalova

Capaddoce 

Du 02 au 06 juillet : nous avons pris possession de notre Renault "Symbol" , modèle économique et très répandu ici. Nous longeons en partant le Golfe d'Izmir, impressionnant par le nombre de cargos en attente devant le port.

Puis ce sont les montagnes au sud de la Mer Noire. Nous dormirons ce premier soir à Safranbolu, réputé pour son architecture traditionnelle ottomane.

 

Ambiance d''Anatolie

Le lendemain, c'est parti pour la traversée de l'Anatolie, immense plateau quasi désert, couvert de steppes sauvages par endroit, d'immenses champs de céréales ailleurs.

Après l'autoroute flambant neuve, nous prenons la route qui serpente au gré des ondulations du plateau. Nous faisons une pause dans un village perdu dans l'immensité: paysage plat, la route, large à cet endroit, traverse quelques constructions basses regroupées, un minimarché d'un côté, et de l'autre un café, dans lequel nous entrons.Le patron nous accueille à bras ouverts, comme des hôtes de marque, sous les regards curieux des clients locaux attablés pour des jeux.

Rien d'autre à nous servir que des sodas, il faudra nous en contenter, avec quelques fruits et des chips achetées à côté. Discussions par signes, ou en allemand, avec le patron et son frère, échanges de photos, de numéros de téléphone, accolades...

 

Kilims et tapis

 

Nous repartons finalement, et, par de petites routes, parvenons le soir à Avanos, porte d'entrée de la Capaddoce. Nous nous installons à l'Hotel Kirkit. C'est un beau bâtiment, semi troglodyte, propriété de la famille DILER.

Les frères DILER possèdent aussi une agence de voyage, et une affaire importante de commerce de tapis, avec des magasins à Avanos, Istanbul, et Paris.

Le manager du magasin d'Avanos nous rejoint à l'hôtel, et nous explique dans un français parfait, ce que nous pouvons faire et voir en Cappadoce. Notre programme est établi pour les trois jours qui viennent. En attendant, il nous invite à visiter son magasin, véritable musée, avec des tapis et kilims anciens, reliques de plusieurs siècles pour certains.

 

Traversée du plateau anatolien

 

Capaddoce

Vidéos  (passer en plein écran, retour par "échap")

Vidéo-Traduction au restaurant

Vidéo-Cappadoce

 

Vidéo-Ballons sur Cappadoce

Istanbul  

 

08 juillet : nous traversons l’extrémité orientale de la Mer de Marmara, jusqu'à Istanbul, ce qui nous place sur une route au Nord-Ouest. Temps nuageux et pluvieux, un peu de vent pour naviguer au près, entre les grains.

 

A 14h30, nous nous présentons devant Kalamis Marina, près de l'entrée du Bosphore, rive asiatique. A 15h nous sommes amarrés. Personnel accueillant et sympathique.

Moins de clinquant, parait-il, que dans l'autre marina, côté européen, d'après un de nos voisins de ponton, turc. Il s'étonne d'ailleurs de notre choix.

 

Ici, les sanitaires bien que spartiates, sont acceptables, et l'ambiance est tranquille, avec en prime de la verdure à l'entrée : tout cela nous convient, et nous serons encore un peu plus tranquilles lorsqu'on nous déplacera quelques jours plus tard au bassin voisin de Fenerbahce Marina.

Corne d'Or, agitation et marasme

 

Nous mettons à profit la fin de journée pour prendre des repères dans les environs, et prévoir nos déplacements prochains pour visiter la ville.

 

Le plus simple sera pour nous de nous rendre, sur notre rive, à l'embarcadère de Kadikoy, à pied (40 min) ou en taxi (20 min), puis de traverser le Bosphore en ferry (25 min), jusqu'aux débarcadères de Karakoy, ou d'Eminomu.

 

Cette petite navigation sur le Bosphore et la Corne d'Or (petit bras de mer autour duquel s'est construit le centre historique) est agréable, et permet d'avoir de belles vues sur l'ensemble de la ville moderne, et sur les monuments emblématiques.

 

Elle nous donne aussi un premier aperçu de l’agitation frénétique de la ville. Les bateaux se croisent à toute allure, les manœuvres aux terminaux se font dans une confusion apparente, mais malgré tout sans accroc.

 

Une fois débarqués, nous nous laissons entrainer par la foule affairée de la population locale, au sein de laquelle les visiteurs semblent noyés. Ce mouvement frénétique s'arrête-t-il seulement la nuit ?

 

Avant de nous rendre à la Mosquée Bleue et à Sainte Sophie, nous dénichons le magasin de tapis de la famille DILER. Nous sommes accueillis par le jeune gérant, qui nous conduit sur la terrasse.

 

Autour d'un thé, nous discutons longuement avec lui, surtout sur la situation politique et économique de son pays, qui le rend amer et découragé, et nous ne pouvons que partager sa tristesse. En consolation, la vue sur le Bosphore est superbe...

 

 

Istanbul

 

Stambouliotes et visiteurs

 

 

 

Palais de Topkapi