Nous voulons cette année poursuivre notre voyage vers la Méditerranée orientale, des eaux grecques jusqu'à Chypre. Ensuite, nous projetons d'atteindre la Mer Rouge, par le Canal de Suez bien sûr, et de naviguer dans les eaux égyptiennes essentiellement.
Il me faut prendre en compte les contraintes météo de la Mer Rouge : pour éviter à la fois les fortes chaleurs de l'été, et les vents du nord forts et incessants, je ne veux pas aborder l’Égypte avant le 15 Septembre. De fin Septembre jusqu'à fin Novembre, nous devrions avoir des conditions plus agréables : températures supportables, et vents, de nord toujours, plus maniables.
Compte tenu des délais de croisière jusqu'à Port-Saïd (Egypte), je programme notre appareillage depuis Egine au premier Août. Le Meltem sera alors à son maximum pour notre route jusqu'à Rhodes, mais il sera portant, et je m'en inquiète donc peu... Et même, je me réjouis d'avance de pouvoir faire le plus gros de cette navigation à la voile !
Tous ces calculs tournent une fois de plus dans ma tête, tandis que je contemple le sillage du ferry qui m'amène à Egine depuis Le Pirée, le 26 Juillet. Au chantier, Tahenkat n'a pas bougé, tout est paisible.
Par contre, l'intérieur du bateau est une fournaise à plus de 40 degrés. L'urgent est de rafraichir ce four solaire : ventilation, pose des stores extérieurs, installation de la capote et du bimini... et bien sûr, je mets en route le frigo. Après quelques courses à l'épicerie voisine, et devant mon verre d'ouzo (frais malgré tout!), je fais le point : il me reste 5 jours, avant l'arrivée de Catherine, le 31, pour préparer le bateau.



C'est donc durant ce laps de temps la routine habituelle : mise en place de l'accastillage, gonflage de l'annexe, menus travaux, comme l'amélioration de la passerelle, dotée de nouvelles roulettes, la révision du coupe-orin, et l'installation d'un nouveau placard à chaussures dans la soute.
Le frigo fait des siennes: la carte électronique alimentant le compresseur, que je savais fragile, rend finalement les armes devant la chaleur ambiante. Heureusement, j'ai la pièce de rechange, et le remplacement se fait sans problème.
L'installation des voiles est plus délicate, car il me faut jouer avec la force et la direction du vent (pas d'installation possible par vent venant de l'arrière, sauf s'il est quasi nul). Je suis finalement obligé de gréer la grand-voile en deux fois.
Puis, c'est l'antifouling, et les pleins d'eau et gasoil : tout est en place lorsque Catherine me rejoint le 31 Juillet!
Le soir de son arrivée, nous faison une escapade en vélo jusqu'à notre restaurant préféré à Egine, les pieds dans le sable de la plage qui borde le port antique....
01 Août: c'est la mise à l'eau, sans problème particulier.
J'ai informé Jordan Kanonis, patron du chantier, de mes projets pour cette année et l'an prochain...
Après nous être avancés au moteur, navigation au près, un ris dans la grand-voile, pour remonter le meltem, et atteindre notre mouillage habituel sous le Cap Sounion.

Les flèches en gras représentent la direction la plus fréquente du Meltem
02 Août: navigation grand largue, jusqu'à Sériphos. Un peu de moteur quand le vent faiblit en milieu de journée, mais il reprend à nouveau dès le début d'après-midi, jusqu'à force 6.
Navigation facile, mouillage difficile
Mouillage dans la baie de Livadhi, délicat car l'ancre a du mal à crocher sur ce fond de sable et d'herbes. De plus, la baie, bien abritée de la houle, est balayée par les rafales de Meltem. Cela semble finalement tenir à notre deuxième essai... Le vent souffle en soirée, nous interdisant de descendre à terre, et il ne faiblit pas la nuit.
Pire même, les rafales montent à 35 nœuds le lendemain matin, et nous dérapons !... Démarrage en urgence du moteur, nouvelles manœuvres, et après 2 nouveaux essais, nous parvenons à stabiliser le bateau.
J'avais eu la malheureuse idée de laisser le gennaker roulé à poste, en prévision de jours de vents plus faibles : il est bientôt déchiré, sur toute la chute, par les bourrasques ! Je l'amène en urgence, avant de le ranger dans sa soute. J'avais prévu de le faire réparer à Rhodes, car je savais cette chute cuite par les UV. Cette intervention est plus que jamais d’actualité !



04 Août: Après 2 nuits dans ces rafales, nous décidons de partir vers Paros. Le vent a très légèrement faibli, et nous l'aurons sur le travers, ce qui sera gérable.
Navigation difficile, mouillage facile
A la sortie du mouillage, nous sommes pris dans le flux de nord, à 30 nœuds, et nous partons sous le seul génois, très réduit. Nous filons entre 5 et 6 nœuds, malgré notre voilure très limitée. Quelques paquets de mer inondent le pont, et l'un d'eux noie l'anémomètre, qui se met à afficher un vent apparent nul ! Heureusement, il reprendra son fonctionnement normal après séchage... En tout début d'après-midi, le vent baisse, comme nous nous rapprochons de Paros, et nous pouvons dérouler tout le génois.
Vers 15h30, nous mouillons dans la belle baie de Paroikia, bien abritée et paisible, fond de sable et eau turquoise... Nous passerons deux nuits dans ce mouillage tranquille, ce qui nous permet de visiter à nouveau le vieille ville, déjà vue l'an dernier, et si agréable.
Le moteur hors-bord de l'annexe refusant tout service, il nous faut trouver un mécanicien. Je déniche à l'étage d'une maison à moitié construite "Afros Yacht Service", qui règle sans délai notre problème (nettoyage carburateur, intervention immédiate et sur place, le mécano se déplaçant en zodiac...).

06 Août: Assez courte navigation aujourd’hui pour atteindre Naxos, voisine immédiate de Paros. Départ sous grand-voile et génois, au près, dans un vent modéré de force 4 , mais avec un courant contraire qui ralentit notre remontée.
Plus loin, le vent passe au travers, puis forcit, et nous subissons des rafales à 30 nœuds en doublant la pointe nord de Paros, ce qui m'oblige à réduire le génois. La mer devient assez grosse, et notre vitesse réelle monte à 9 nœuds dans les descentes de vague...
Porte ouverte et Kouros
Nous mouillons en début d'après-midi dans l'avant-port de Naxos, bien abrité de la houle, mais en plein vent ! La porte du temple (inachevé) d'Apollon, en ligne de mire de notre étrave, laisse passer le Meltem sans aucune retenue !...
La vieille ville et le Kastro nous surplombent, et nous débarquons dès que possible pour les visiter, en contournant le quai commercial sous le nez des ferrys, grâce à l'annexe dont le moteur fait merveille!
Naxos est une ile assez grande et encore largement cultivée, qui, outre les célèbres carrières de marbre, offre beaucoup à voir. Nous parcourons donc ses petites routes en voiture louée, notre premier objectif étant les fameux Kouros, statues de jeunes hommes, abandonnées en cours de taille, et restées en place depuis plus de 25 siècles !
Naxos

09 Août : Nous quittons Naxos pour Skinousa, petite île située au sud de Naxos. Vent de nord modéré, rarement plus de force 4. Et sur notre arrière, puisque nous naviguons au sud, puis au sud-est. Donc progression paisible au grand largue, et sur la fin, recours au moteur...
Le beau mouillage de Skinousa est curieusement parsemé de barques colorées, certaines encore en cours d'installation, et d'engins de plage...Préparation des fêtes du 15 Août? Peu importe, nous n'y passons qu'une nuit, tranquille d'ailleurs.
Navigation dans la brise
10 Août : Etape courte à nouveau pour aujourd'hui, mais qui promet d'être plus sportive. Le vent de nord, force 4 à 5, sera sur notre travers, et nous passerons sous le vent de la petite île de Karos, ce qui nous promet de belles rafales!
Effectivement, je me rends compte rapidement que le bateau a beaucoup de mal à étaler les variations de force et de direction du vent, malgré le ris pris dès le départ dans la grand-voile, que je dois sans tarder affaler. Nous poursuivons sous le seul génois, fortement roulé.

La suite de cette petite traversée se passe sans problème, et nous pénétrons dans la rade de Katapola, bien abritée.
Le port d'Amorgos est situé au fond de cette rade. Il est beaucoup moins encombré que ce que je craignais, et nous trouvons une place sans difficulté. A 13h40, nous sommes amarrés, sur ancre, et cul à quai.
Sur la piste du Grand Bleu
Amorgos, île sauvage et escarpée, balayée par le Meltem en été, est restée connue comme lieu de tournage du film "Le Grand Bleu", en 1988. Nous louons un beau scooter 125 cm3, pour escalader ses routes pentues, jusqu'à la Chora, puis au célèbre monastère de Chozoviotissia. Puis, nous empruntons la route des crêtes, balayée par les rafales, qui nous déportent dangeureusement. Arrêt pour descendre vers l’épave du caboteur "Olympia". Puis plage de Kalotaritissa, et retour.

Amorgos

13 Août: Nous quittons le port, et partons vers l'est. Moteur d'abord, mais après avoir dépassé la pointe nord-est de l'île, un flux puissant de NW nous prend, et nous partons sous voiles, au travers bâbord amures.
Iles désertes, ou presque
Le bateau file vite, 7 nœuds et plus par moments. Nous abordons la côte sud de Kinaros, île minuscule et habitée par une seule personne, parait-il. Nous nous enfonçons dans la calanque très étroite, et coudée, qui sert de mouillage. Elle est déjà occupée par un voilier, pas d'autre place disponible! Demi-tour vers la sorte, et nous reprenons la mer.
Une heure et demie plus tard, nous parvenons à Lévitha, île un peu plus grande que Kinaros, et un peu plus habitée: 2 familles sont établies là, celle d'un pécheur, et une ferme-auberge.
Une dizaine de bateaux sont déjà au mouillage, sur corps-mort. Nous repérons une bouée libre, mais dans les rafales à plus de 20 nœuds, la manœuvre risque d'être délicate.
Heureusement, alors que nous en sommes à notre deuxième tour de reconnaissance, un homme en zodiac vient à notre aide. C'est le fermier-aubergiste, descendu en urgence. Grâce à lui, la prise de coffre se fait finalement sans difficulté.
En fin d'après-midi, nous débarquons, et montons à pied, une quinzaine de minutes, jusqu'à l'auberge. Soirée idyllique, qui nous permet de déguster le poisson du jour, pêché dans les parages, un barracuda, et un beau mulet. En dessert, les figues du jardin...
Toujours plus à l'est
du 14 au 16 Août : Navigations tranquilles, au moteur surtout. Le vent nous a accompagné en quittant Lévitha, puis il a nettement faibli plus à l'est, dans des parages qui nous rapprochent des côtes turques. Nous faisons escale successivement à Léros, au mouillage de Lakki, toujours aussi calme, à Kalymnos, dans la splendide baie montagneuse d'Emborios, et enfin à Kos, où nous nous amarrons dans la marina.
Nous passerons 3 nuits à la marina: de là, par une belle promenade en bord de mer, nous pouvons atteindre la vieille ville, riche de vestiges du passé.
Nous profiterons aussi de notre séjour pour visiter l'intérieur de l'île: randonnée au Mont Dikeos, traversant une superbe forêt de cèdres, et site archéologique de l'Asclépiéion. Ce site est le sanctuaire dédié à Asclépios (Esculape), vénéré dans l'antiquité, et dont l'enseignement médical sera repris, et prolongé par Hippocrate, né à Kos vers 460 avant J.C. .

De Kinaros à Kos

19 Août : je paye les 3 nuits de port, 45 € par nuit, tarif très raisonnable. Pour cette année, c'était notre première escale dans une marina, qui mérite tout à fait ce titre: amarrage sur pendille, sanitaires luxueux, et shipchandler, ce qui m'a permis de me réapprovisionner en gaz, et d’acheter une bougie de rechange pour le hors-bord.
A propos du gaz, je me rends compte que notre consommation excessive était due à une fuite dans le coffre à gaz, un joint mal serré, ce que je corrige sans délai.
Nous partons en milieu de matinée, pour longer la côte est de l'île, le plus souvent à la voile, malgré le dévent dû au relief. A 14h, nous mouillons à Ormos Kamares, sur fond de sable.
20 Août : petite traversée vers l'île de Nisyros. Vent NW force 4 à 5, nous filons vent arrière sous génois seul, entre 5,5 et 6 nœuds. A 13h, amarrage sur ancre dans le charmant petit port de Palon, à l'écart de la capitale de l'île (Mandraki).
Stephanos et Alexandros
Nisyros est une île volcanique, le volcan étant encore en activité. Sur la plage qui jouxte le port, où nous passons un moment l'après-midi, les petits galets ont la particularité surprenante de flotter si on les jette dans l'eau : il s'agit bien sûr de pierre ponce !
Dès notre débarquement, j'ai fait affaire avec une loueuse de scooter, et le lendemain, nous partons à la découverte de l'île. Premier objectif, la caldeira du volcan, atteinte après une montée assez rude.
La redescente dans le cirque qui abrite les 2 cratères est superbe, au milieu des chênes-verts et des oliviers. Nous rendons d'abord visite à "Stephanos" (le cratère principal !), puis à "Alexandros" (le deuxième...), tout cela sous un soleil accablant, et dans les émanations de soufre.
Pour reprendre l'air, nous rejoignons par la petite route le village de Nikia, perché sur le rebord de la caldeira : vues extraordinaires côté volcan, et côté mer, et aussi ruelles sympathiques et terrasse à l'ombre pour siroter une citronnade maison...
Nous terminerons notre journée de l'autre côté de l'île, à Mandraki, ville de cubes blancs, surmontée de son "Paléo Kastro".


Nysiros


Du 22 au 24 Août : le Meltem nous a abandonnés, et ce seront donc 3 étapes au moteur pour rejoindre Rhodes. Mouillage à Tilos (Ormos Eristou) le premier jour, puis escale à Symi, magnifique petit port, le lendemain.
A l'approche de Rhodes, un orage s'abat sur nous, pendant une heure environ. Le soleil est de retour quand nous nous amarrons, vers 15h, au port de Mandraki, au plus près des fortifications médiévales de la ville de Rhodes.
De la fragilité du Colosse
Le port de Mandraki serait, selon l'hypothèse la plus répandue, celui sur lequel se dressa le fameux Colosse de Rhodes, statue du dieu-soleil Hélios, de 33 m de haut. Cette statue était une des merveilles du monde antique, mais elle fut détruite, au bout de 60 ans seulement, par un tremblement de terre, en 227 avant J.C..
Si sa localisation reste hypothétique, il est certain en tout cas qu'elle ne pouvait pas enjamber l'entrée du port de Mandraki actuel, comme certains l'imaginaient, car cette entrée est beaucoup trop large.

La clinique de la voile
Le soir même de notre arrivée, Kyriakos Malapetsas, de la voilerie "Glaros Sails" (saildoctor.rhodes@yahoo.com), avec qui j'étais en contact depuis le début du mois, vient, sur un petit triporteur, prendre notre gennaker pour réparation.
Il s'agira de couper les bordures et chutes abimées, de refaire les finitions, et de coudre des bandes anti-UV.
Kyriakos évalue la perte de surface à seulement 2 m² environ. Il promet de nous rapporter la voile avant notre départ, dans 5 jours...
Il nous reste à préparer nos visites de la ville, qui offre beaucoup à voir, et aussi de l'intérieur de l'île.
Nous allons avoir le plaisir de faire ces visites avec Loïc, qui nous rejoint ici dès le 25. Après cet épisode touristique, nous poursuivrons à trois notre voyage vers Chypre, et vers l’Égypte.

La clinique de la voile
Le soir même de notre arrivée, Kyriakos Malapetsas, de la voilerie "Glaros Sails" (saildoctor.rhodes@yahoo.com), avec qui j'étais en contact depuis le début du mois, vient, sur un petit triporteur, prendre notre gennaker pour réparation.
Il s'agira de couper les bordures et chutes abimées, de refaire les finitions, et de coudre des bandes anti-UV.
Kyriakos évalue la perte de surface à seulement 2 m² environ. Il promet de nous rapporter la voile avant notre départ, dans 5 jours...
Il nous reste à préparer nos visites de la ville, qui offre beaucoup à voir, et aussi de l'intérieur de l'île.
Nous allons avoir le plaisir de faire ces visites avec Loïc, qui nous rejoint ici dès le 25. Après cet épisode touristique, nous poursuivrons à trois notre voyage vers Chypre, et vers l’Égypte.
Symi, et la vieille ville de Rhodes
L'intérieur de l'ïle de Rhodes
Vidéos (passer en plein écran, retour par "échap")
Vidéo-Sériphos
Vidéo-Arrivée à Naxos
Vidéo-Vers le cratère Stéphanos