du 10 avril au15 avril: depuis Marie-Galante, redescente le long de la Dominique et de la Martinique, en vue de la poursuite du voyage sur Sainte-Lucie (carte).
A l'entrée en Dominique, je suis un peu inquiet, car nous n'avions pas pu faire signer notre clearance à Marie-Galante (bureau fermé et douaniers absents...). A défaut, j'avais apposé mon propre paraphe sur le document que j'avais fait imprimer, sans être sûr que cela suffirait aux autorités dominicaines.
C'est l'association PAYS qui prend en charge nos démarches, et en fait, tout se passe fort bien! Ouf!
A la sortie depuis Roseau, nous appareillons sous un grain et des averses copieuses! Heureusement, comme toujours ici, le déluge ne dure pas, et nous apercevons bientôt l'arc-en-ciel.
La traversée ensuite, et le cabotage martiniquais, sont sans histoires...
Après les formalités de sortie à la marina Pointe-du-Bout, nous faisons une dernière escale à la Petite Anse d'Arlet, qui sera l'occasion de magnifiques séances de snorkeling!

16 avril: nous quittons l'Anse d'Arlet à 09 heures, et partons plein sud, pour traverser sur Sainte-Lucie. Vent d'est force 5, au travers. Allure bon plein, se rapprochant de plus en plus du près.
Arrivée en début d'après-midi dans la grande baie du nord de l'île, Rodney Bay. A 14h, nous sommes amarrés à la marina. Formalités d'entrée.
Première visite de l'île
Nous louons un véhicule (permis local, et visite médicale obligatoire pour le chauffeur, dès lors qu'il a plus de 65 ans !...). Visite de Castries, la capitale, son marché, et ses quartiers très contrastés (habitats précaires ou immeubles de luxe), sa fresque murale retraçant l'histoire de l'île. Repas local dans un street-food du marché.
Nous poussons ensuite jusqu'à Anse La Raye, sa belle cascade et ses petites maisons colorées en bord de plage.
Le jour suivant, départ vers la côte est, jusqu'aux petites villes de Micoud et Dennery, où l'ambiance est moins riante. Délabrement et désoeuvrement plus sensible qu'ailleurs, et de plus, la plage de Micoud est envahie de sargasses, à l'odeur bien présente. Un peu d'activité quand même au port de Dennery, où des pêcheurs débarquent des daurades coryphènes et des petits thons.
19 avril: descente jusqu'à Marigot Bay, où nous prenons une bouée juste devant le "trou à cyclone".
20 avril: un petit saut vers le sud, et nous mouillons à Anse Cochon. Très beau snorkeling. Pêcheurs à la senne le lendemain très tôt.

Premiers contacts avec Sainte-Lucie
Côte est, Micoud et Dennery


Marigot Bay, et Anse Cochon
Vidéos:
Castries,
Anse La Raye,
Anse Cochon
21 avril: petite étape encore, jusqu'à Soufrière, où nous prenons une bouée, juste au nord des splendides "2 pitons", emblématiques de l'île (ils figurent, très stylisés, sur le drapeau de Sainte-Lucie.)
Descente à terre (malcommode, car le ponton, en chantier, est inaccessible). Tour de ville et ravitaillement.
Nous nous déplaçons le lendemain jusqu'au mouillage situé entre les pitons. Cadre spectaculaire, encadré par les 2 sommets (carte).
Suanne de Fond Gens Libre
Le 23 avril, réveil à 5 heures, débarquement en annexe à 6 heures sur la plage, et montée sur 200 m de dénivelé jusqu'au petit village de Fond Gens Libre (fondé par des esclaves échappés de plantations). C'est le point de départ du Nature Trail permettant de monter au sommet du Gros Piton (786 m d'altitude).
Rencontre avec Suanne, qui sera notre guide (obligatoire ici), paiement des droits d'entrée, et c'est parti! L'itinéraire suit une simple trace sur des éboulis stabilisés, et la montée est très physique. Belle forêt à l'approche du sommet, et là-haut, longue pause, bien sûr...Des mangoustes discrètes tournent autour de nous.
Nous pouvons échanger avec Suanne, en anglais bien sûr. Elle parle ordinarement le créole, et reconnait certains mots français. Elle habite le village de Fond Gens Libre, auquel elle est très attachée, tout en reconnaissant que les commérages de ce microcosme lui paraissent parfois pesants. Envie d'ailleurs, pour elle comme pour d'autres...
Redescente, physique aussi, et nous nous séparons de Suanne. A midi nous sommes de retour au bateau. Bain bienvenu...
Nous appareillons sans tarder, pour aller mouiller devant le port de Vieux-Fort. C'est ensuite un marathon pour accomplir les formalités de sortie, du port à la ville, de la ville à l'aéroport, et retour tardif au port, où il faut négocier l'ouverture des grilles pour pouvoir accéder à notre annexe...

Côte sud-ouest de Sainte-Lucie
Ascension du Gros Piton

24 avril : nous quittons le mouillage de Vieux-Fort peu après 08 heures, pour traverser sur Saint-Vincent (carte). Navigation le plus souvent au travers ou petit largue, et donc à bonne vitesse.
Nous doublons la pointe nord de l'île peu après midi, et poursuivons notre descente le long de la côte ouest. A 14h, nous entrons dans la baie de Wallilabou, où nous prenons une bouée, en portant une aussière jusqu'au ponton, avec l'aide des "beachboys", toujours très empressés.
Pirates repentis
Nous sommes assaillis d'offres diverses, fruits, colliers artisanaux, et surtout une magnifique langouste. Nous faisons affaire pour cette dernière (pour 100 ECD, soit 32 €), et on nous la rapportera cuite sans tarder... Parfait pour le menu du soir, avec le dernier vino verdhe qui nous reste!...
Wallilabou a une notoriété locale pour avoir été un des lieux de tournage de "Pirates des Caraïbes". Il en reste quelques décors délabrés, que nous visitons rapidement en débarquant sur la plage. Les formalités d'entrée se font ici, traitées manuellement, donc un peu plus longues, et avec un sucoût dû à l'éloignement...
25 avril : étape jusqu'à Blue Lagoon, tout au sud de l'île. Passe étroite et peu profonde à l'entrée. Au fond se trouve une petite marina, mais elle semble saturée par les charters, et peu désireuse de nous trouver une place. Nous nous contenterons donc d'une bouée pour les 2 nuits que nous allons passer ici.
Taxi jusqu'à la capitale Kingstown, toute proche, pour des courses, et l'achat d'une Sim Card, et retour en taxi collectif, sous l'averse.
Vidéos :
Au large de Kearston
Sous l'averse à Kingstown
Environnement huppé, ou pas...
27 avril: courte navigation, de 8 milles, jusqu'à l'île de Béquia, la première des Grenadines. Nous entrons dans la belle rade de Port-Elizabeth, et mouillons devant la plage "Princess Margaret". Malgrè les très nombreux bateaux, l'ambiance est paisible et très agréable.
Je commence par faire tourner le dessalinisateur, pendant 1h30, pour compléter notre réserve d'eau (le plein à quai n'est plus possible dans ces parages). Ensuite détente, snorkeling (calamars aux grands yeux), visite de la petite ville...
29 avril: étape un peu plus longue (20 milles) jusqu'à Canouan, où nous mouillons devant Charlestown. Nous avons volontairement laissé sur le côté l'île de Moustique, avec ses hébergements ultra-premium, et ses milliardaires...
A Canouan, l'ambiance est toute autre, et on est frappé par le calme et le peu de fréquentation, qui contraste même avec Béquia. Et pourtant, le mouillage est magnifique, et idyllique!
Par contre, à terre la petite ville, qui a été frappée par le cyclone Béryl de juin 2024, est en cours de reconstruction. Des locaux commerciaux provisoires sont aménagés dans des containers.
Au milieu des récifs
30 avril: un nouveau saut de puce de 6 milles, en luttant contre des courants contraires, pour atteindre les parages de Mayreau. Là, nous pénétrons par la passe nord dans les Tobago Cays, site extraordinaire, à l'intérieur d'un immense fer à cheval de récifs coralliens.
Nous contournons les ilots centraux pour atteindre le mouillage est, abrité derrière la barrière de corail. Dès que nous sommes amarrés à la bouée (bouée du Parc Naturel, à payer aux rangers), nous nous voyons entourés de tortues, qui évoluent dans toutes les nuances de bleu, du turquoise au bleu intense, suivant le fond.
Snorkeling....Ballade en annexe jusqu'à un des ilots...
Nous passerons une deuxième nuit en allant mouiller sur ancre, à l'écart, seuls au milieu du bleu...

Aperçu de Saint-Vincent
Béquia, et Canouan
Tobago Cays
Vidéos :
Tobago Cays
Pour quitter les Grenadines
02 mai : après une nouvelle séance de dessalinisateur, dans la matinée, nous sortons des Tobago Cays et contournons l'île de Mayreau par le sud, pour aller mouiller à Salines Bay. Visite de la petite ville, ravagée par le cyclone en 2024, et en cours de reconstruction.
03 mai : une heure de navigation sous génois, pour atteindre la grande baie de Chatham, à l'ouest de Union Island, où nous mouillons à midi. Eau turquoise et splendide, mais des rafales catabatiques très violentes agitent la surface.
Achat de poisson au pêcheur du coin, qui tient aussi le Sunset Cove, petit bar de plage tout au nord de celle-ci. Nous promettons d'y faire une visite en fin de journée.
Une fois à terre, nous voyons de plus près les ravages du cyclone : arbres "pelés" de leur écorce et de leur feuillage, et réduits à des squelettes morts, et petit estanco rebâti à la hâte, et bâché. Reprise précaire, les punchs nous sont servis dans des bocaux à conserves...
04 mai : nous contournons l'île pour aller mouiller, sur bouée, à Clifton Harbour (juste en face de Palm Island), où nous faisons les formalités de sortie (carte).
05 mai : descente jusqu'à Petit Saint-Vincent, dernière petite île des Grenadines, en prenant la passe entre Punaise et Morpion, deux ilots de sable, dont l'un est surmonté d'un parasol!
Depuis le mouillage de Petit Saint-Vincent (île privatisée par un hôtel, fermé depuis le cyclone), nous voyons juste à 700m la Petite Martinique, qui appartient à l'archipel de Grenade.

Mayreau
Union Island, et Petit Saint-Vincent

06 mai : 2 heures de navigation au portant sous génois jusqu'à Tyrrel Bay, sur l'île de Carriacou. Mouillage sur bouée, et formalités d'entrée à Grenade (avec des douaniers très désagréables). C'est sur cette île qu'est passé l'oeil du cyclone Béryl, en 2024, et les dégats sont encore bien visibles.
du 07 mai au 13 mai : après avoir passé une nuit tranquille, seuls au mouillage de Limekiln Bay, au sud de Carriacou, nous traversons vers l'île de Grenade. Un peu plus de 25 milles pour atteindre le mouillage de La Molinière, que nous visons, par bon vent portant, du moins jusqu'à la pointe nord de Grenade.
Sur notre route, par le travers de Ronde Island, nous rencontrons la zone d'exclusion du volcan sous-marin "Kick 'em Jenny" (sommet 200 m sous l'eau, à 1300 m au-dessus du plancher océanique, dernière éruption en 2015).
Le mouillage de la Pointe de la Molinière se trouve dans une zone naturelle, et abrite un Parc de scuptures sous-marines, auquel nous allons jeter un coup d'oeil.
Le lendemain, nous nous déplaçons jusqu'à la marina de Saint-Georges, bien abritée dans son beau port naturel. Séjour de 3 nuits ici, visite de la ville (aux 3 églises, et à la Maison du Chocolat), courses, et repas au "Patrick Local Home Style Restaurant".
Enfin, après avoir fait le plein de carburant au Yacht Club, nous nous déplaçons jusqu'à la baie de Clarke's Court, au sud de l'île. Une nuit au mouillage, l'occasion de terminer le démontage des voiles (très délicat pour le génois, dans l'alizé musclé...), et nous sommes prèts pour la mise à terre, qui aura lieu le lendemain, au chantier voisin.
Il nous reste 4 jours pour nettoyer et ranger le bateau, l'accastilage, l'annexe, etc... et pour prendre les contacts nécessaires, avant notre retour vers la France.

De Carriacou à Grenade